Avec un rendement moyen de 2,65 %, les fonds en euros font preuve de stabilité.

Chaque début d’année, les établissements bancaires, les compagnies d’assurance et les mutuelles publient les performances de leurs fonds en euros pour l’année passée. Et d’après le cabinet Good Value for Money, pour l’année 2025, les rendements des fonds en euros devraient faire preuve d’une certaine stabilité, voire s’inscrire en légère hausse. Globalement, après un taux de 2,6 % en 2024, le rendement moyen devrait s’établir autour de 2,65 % en 2025. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette très légère progression.

Une hausse des taux directeurs

Pour composer les fonds en euros et assurer une garantie en capital, les établissements financiers investissent majoritairement les primes collectées dans des placements dits « sans risques », comme les obligations. Ces dernières étant des titres de créances, émises généralement par les sociétés et les États pour emprunter sur les marchés.

Avec la hausse des taux directeurs des banques centrales ces dernières années et, plus récemment, les dégradations de la note de la dette française (notation Fitch, S&P…), les taux de ces obligations d’État ont progressé régulièrement. Ainsi, les établissements financiers en ont profité pour renouveler et renforcer leur portefeuille. Cette stratégie leur a permis d’améliorer leurs performances et de proposer des rendements plus attractifs aux assurés.

En outre, pour faire grimper le rendement de leurs fonds en euros, les banques et les assureurs ont pu également faire appel à leurs provisions pour participation aux bénéfices.

Rappelons qu’il s’agit d’une réserve dans laquelle l’établissement met de côté une partie des produits financiers dégagés par la gestion du fonds en euros. Une réserve permettant d’offrir une rémunération stable dans le temps et de pallier, par exemple, les effets d’une année marquée à la baisse.

Autre explication, de nombreux établissements optent de plus en plus pour une mécanique de « bonus ». Concrètement, ils récompensent, en leur accordant un rendement supérieur, les assurés qui prennent un peu plus de risques en investissant dans une certaine quotité d’unités de compte. Sachant que plus la quotité est importante et plus le bonus est élevé. Précisons toutefois que ces bonus de rendement ne s’appliquent, le plus souvent, que sur les versements qui ont été réalisés en 2025, et non pas sur le capital placé les années précédentes.

Les tendances du marché

Grâce à la hausse des rendements obligataires, certains assureurs ont réussi à se démarquer. C’est le cas, par exemple, de Corum EuroLife, avec son fonds en euros lancé en 2023. Un fonds en tête du classement, avec un taux de 4,10 %, malgré un recul de 0,55 point par rapport à 2024. D’autres établissements ont obtenu de bons résultats, comme Carac (3,55 % contre 3,50 % en 2024), MACSF (3,15 % contre 3,10 %), Monceau (3,15 % contre 3 %), SMAvie BTP (2,65 % contre 2,30 %) et l’Afer (2,65 % contre 2,51 %). Quant aux contrats de Garance (3,50 %), de la Mutavie (2,80 à 3,40 %), de la MIF (2,65 %), de BNP Paribas Cardif (2,75 %), de Suravenir (2,50 à 3,20 %) et d’AG2R La Mondiale (2,25 %), les taux sont restés inchangés. Mais pour certains, les taux servis sont légèrement en retrait. On pense aux contrats de la GMF (2,50 % contre 2,70 %) et de la CNP (2,35 à 3,29 % contre 2,40 à 3,60 %).

Diversifier son contrat

Bien que les fonds en euros aient toute leur place dans une stratégie d’investissement, il faut toutefois prendre conscience que les taux délivrés (en raisonnant net de fiscalité) restent insuffisants pour véritablement valoriser un patrimoine financier. Pour aller chercher davantage de performance, il peut être intéressant d’ajouter une dose d’unités de compte au sein de son contrat. Cette diversification consiste à répartir une enveloppe entre différents types d’investissements choisis en fonction de leur exposition au risque et du rendement qu’ils peuvent laisser espérer sur la durée. Une bonne diversification consiste, autant que possible, à détenir un contrat contenant des actifs décorrélés, c’est-à-dire des actifs qui n’évoluent pas toujours dans le même sens au même moment.

Cela permet de trouver des relais de performance mais aussi de réduire les risques. Le choix des supports et la répartition entre le support en euros et le(s) support(s) en unités de compte dépendront du profil d’investisseur du client.

Mais attention, la recherche de performance suppose une prise de risque. En effet, les unités de compte n’offrent pas, comme les fonds en euros, une garantie en capital. Ainsi, en cas de dégradation des marchés, leur valeur peut fortement diminuer. C’est la raison pour laquelle il convient de les conserver sur une longue période afin de lisser la performance dans le temps.

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