Les électriciens européens connaissent un réveil boursier spectaculaire, alimenté par la perspective d’une croissance de la demande en provenance des data centers.

C’est une filière ancienne, celle de la production électrique, qui connaît depuis un an une nouvelle jeunesse en Bourse, où ces entreprises avaient surtout, jusque-là, leurs dividendes généreux à faire valoir.

L’italien Enel et l’espagnol Iberdrola, dont la capitalisation boursière a dépassé 100 milliards d’euros, voient leurs cours voler de record en record. Engie ainsi que les allemands RWE et E.ON sont remontés à leur niveau d’il y a plus de 15 ans. Pourtant, les prix de l’énergie ont chuté depuis le pic de fin 2022-2023 et la demande d’électricité en Europe reste inférieure à ce qu’elle était avant la pandémie.

Une hausse de la demande

Plusieurs facteurs soutiennent cette renaissance. L’offensive douanière de Donald Trump voilà un an et, parallèlement, l’annonce du plan allemand d’investissements massifs dans les infrastructures ont mis en lumière les atouts de ce secteur aux activités, par nature, non concernées par les taxes à l’importation aux États-Unis. Ces grandes entreprises étaient aussi peu valorisées en Bourse, à la différence de leurs homologues américaines.

En effet, dans la perspective d’une explosion de la demande d’électricité de la part des data centers et de l’IA, les énergéticiens ont décollé à Wall Street, avec des envolées boursières spectaculaires dès 2024. Le mouvement a gagné les Bourses européennes en 2025.

Lors de son séminaire investisseurs du 23 février, l’italien Enel a dit tabler sur une accélération de la demande d’électricité dans le monde (+40 % entre 2024 et 2035), avec une consommation des centres de données et de l’IA qui devrait plus que tripler. L’électrification de nos économies (mobilité, industrie, logements) doit aussi y contribuer. Enfin, les investisseurs apprécient la décision prise par les électriciens européens d’accentuer leur développement dans les secteurs régulés et contractés, aux bénéfices donc prévisibles, tels que les réseaux et la production de courant d’origine renouvelable. Ainsi, la Bourse a salué la décision d’Enel d’augmenter de 10 à 53 milliards d’euros ses investissements pour les 3 ans à venir dans ce type d’actifs, par rapport au plan stratégique précédent. Trois jours plus tard, le 26 février, elle a plébiscité l’annonce, par Engie, de l’acquisition, pour 12 milliards d’euros, de UK Power Networks, le 1er distributeur de courant du Royaume-Uni.

Les principales valeurs du secteur
Valeurs Évolution sur 1 an Évolution sur 5 ans
Enel +41,4 % +27,9 %
Engie +65,9 % +142 %
E.ON +58 % +128,7 %
Iberdrola +41,9 % +90,9 %
RWE +81 % +79,1 %

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